Francois Bayrou

"M. Bayrou ne rêve ni d'un 'paradis social', ni d'un territoire laissé entre les mains du marché, mais d'une France démocratique, responsable devant ses citoyens." Le juste équilibre "entre la dureté Sarkozy et les promesses inconsidérées de Ségolène Royal

28 mars 2007

François Bayrou : "Je veux rassurer et apaiser les tensions"

Dans un entretien au « Figaro », le candidat UDF accuse ses rivaux UMP et PS de « jouer sur la peur » à propos de la nation.


LE FIGARO. - Le thème de l'identité nationale s'impose dans la campagne. Quelle est votre position ?


François BAYROU. - Dans l'Histoire de France, on n'a jamais cédé à l'exaltation de la nation, y compris le général de Gaulle. Je ne participerai pas à cette course-poursuite dans laquelle sont lancés Le Pen, Royal et Sarkozy.


Êtes-vous d'accord avec Ségolène Royal qui veut que les Français mettent le drapeau tricolore à leur fenêtre le 14 Juillet ?


Jamais en France il n'y a eu cette obsession du drapeau. Cela, c'est la culture américaine. Ce n'est pas l'État qui doit régir le lien entre le citoyen et la nation. Quand l'État se mêle de la nation, il y a quelque chose de pernicieux. C'est comme si on voulait régir les liens que l'on doit avoir avec sa mère. Chacun honore ou aime sa mère comme il l'entend, chacun aime sa patrie comme il l'entend. Cela fait partie de la liberté.


Est-ce choquant de dire qu'il faut chanter La Marseillaise ?


Ce qui est étonnant, c'est d'en faire un événement ! Dans nos meetings, nous chantons La Marseillaise tous les soirs, avec affection, et sans affectation. Quand on en fait un argument de communication, il y a quelque chose qui ne va pas.


Pourquoi vous indigner quand Sarkozy propose un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ?


Quand on met dans la même phrase immigration et identité nationale, on dit quelque chose de très précis pour exciter l'inquiétude d'une partie de la population sur le thème « mon identité est menacée ». Jouer sur cette peur, c'est rendre plus difficile l'intégration.


Les Français n'ont-ils pas le sentiment que quelque chose se défait qui touche à la nation ?


La France est plus forte que ces candidats ne le disent. Ce n'est pas la nation qui est le problème. Mais la nation a des problèmes, chômage, éducation, culture, exclusion. Traitons ces problèmes qui n'ont jamais été réglés parce que l'antagonisme UMP-PS perpétuel a empêché même qu'on les pose. La France, c'est un peuple heureux d'être Français. Même dans la plus lointaine banlieue, on est heureux d'être Français, on est républicain, on croit à la devise Liberté, Égalité, Fraternité et aux valeurs qu'elle porte.


Sur l'immigration, il y a tout de même des inquiétudes qui s'expriment...


Bien sûr, ces mouvements d'inquiétude et même de rejet existent. Faut-il pour autant les cultiver ? Se servir de ces sentiments dans la perspective de succès électoraux, c'est éthiquement critiquable et terriblement dangereux. Une partie de la population, 15 à 20 %, est en situation de tension forte sur ces sujets. Il y a désormais pléthore de candidats pour attiser les tensions. Moi je préfère être celui qui rassure et apaise les tensions pour que les Français avancent ensemble.


Sur ce sujet, que proposez-vous ?


Il faut une action de régulation et de protection des frontières, une action européenne parce que nous sommes dans le système Schengen. Mais attention : on ne maîtrisera jamais les déplacements de population si on ne résout pas les problèmes de pauvreté des pays d'origine. L'urgence de l'urgence, c'est le développement. Je suis pour la protection de l'économie africaine, pour une préférence communautaire africaine et pour un plan Marshall. L'Europe a les moyens d'y contribuer.


Et le regroupement familial...


Le regroupement familial a été restreint. Beaucoup. A-t-on obtenu les résultats promis ? Appliquons les lois avant de les changer. Évaluons-les, ne faisons pas de la communication à travers les lois. Sarkozy a fait trois lois sur l'immigration. N'aurait-il pas valu en faire une seule, juste et ferme, bien pensée. Qu'est-ce que ça a changé ? Y a-t-il beaucoup moins de sans-papiers en France ? Je n'en ai pas l'impression.


Faut-il régulariser les sans-papiers ?


Il ne faut pas de régularisation massive, automatique. Ce serait un appel d'air. Je suis pour une politique de régularisation au cas par cas, réaliste, sérieuse. Pour une politique ferme et compréhensive.


Êtes-vous d'accord avec Benoît XVI qui souhaite une référence aux racines chrétiennes de l'Europe dans les futurs traités ?


Le Pape prend ses responsabilités en tant que pape, et moi, modestement, en tant que citoyen. Il n'y a pas de référence aux racines chrétiennes dans la Constitution française, ça n'empêche pas la France d'être ce qu'elle est dans son histoire. Je pense qu'on ne mélange pas la religion et la loi. Dans l'ordre de la foi, je suis un catholique pratiquant et je l'assume. Par ailleurs, il y a l'ordre de la société, et dans la société, je suis un laïque. Je ne veux pas que la loi traite de la religion. Je ne mélange pas la foi et la loi. Comme le dit l'Évangile, il faut « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».


Vous êtes pour l'adoption par les couples homosexuels et contre le mariage gay. N'est-ce pas paradoxal ?


Soyons compréhensifs et pas réactionnaires. Quand un enfant est élevé par un couple homosexuel, il n'a de lien juridique qu'avec un seul parent. Qu'arrive-t-il si ce parent meurt ? Je pense qu'il faut reconnaître un lien, non pas de filiation, mais d'éducation vis-à-vis de l'autre parent. C'est possible par le biais de « l'adoption simple » qu'il faudra peut-être adapter. Et je n'ai pas l'impression de secouer les piliers de la société en disant cela. Je ne suis pas favorable au mariage gay, mais plutôt à une union civile qui porte des droits équivalents, notamment de succession.


Certains économistes sont sceptiques sur l'efficacité de votre proposition de créer deux emplois sans charge pendant cinq ans.


Chaque fois que l'on propose une idée nouvelle, des experts disent que ça ne sert à rien. Leur logique, c'est de ne jamais rien changer. Osez dire aux artisans, aux commerçants, aux chefs d'entreprise que ça ne sert à rien... Vous entendrez leur réponse. C'est une mesure qui pour des centaines de milliers d'entreprises change tout, et qui s'adresse pas seulement aux emplois bas de gamme mais à tous les emplois. Cette mesure sera évaluée au bout de deux ans. On verra qui a raison, des experts ou de la réalité.


Le droit du travail est-il, selon vous, un frein à l'emploi ?


Le droit du travail, ce doit être l'affaire des partenaires sociaux, branche par branche. Il ne faut pas une chaussure à pointure unique, parce que les pieds ne sont pas à taille unique. Le contrat de travail classique, ce devrait être le CDI avec une période d'essai suffisante, de l'ordre de deux fois trois mois.


Votre proposition de « small business act » se heurte à l'opposition de la Commission européenne.


Le gouvernement français doit se battre pour ce dispositif, qui existe aux États-Unis depuis cinquante-quatre ans. L'Europe ne doit pas se résumer au culte de la concurrence.


Faut-il aller au bout de la fusion Suez-Gaz de France ?


Je ne suis pas pour la privatisation de Gaz de France. Quand on voit, en Espagne, l'immense combat autour de l'énergie, avec les risques qui existent dans le secteur du gaz, on voit bien que c'est un secteur où l'État n'a pas à replier son drapeau. À l'origine, j'étais favorable à un rapprochement avec EDF. Mais aujourd'hui, il y a beaucoup de réticences dans les deux entreprises. Est-ce encore possible ?


Êtes-vous favorable au projet EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération ?


Le débat n'a pas eu lieu comme il aurait dû. Cela mérite qu'on regarde si l'EPR est un vrai progrès ou pas. Il faudra conduire le débat à son terme sans tarder.


Faut-il interdire les OGM ?


Je suis pour un moratoire. Ce qui est frappant, c'est l'absence de parole scientifique sur cette question qui mérite un grand débat. Il faut se tourner vers l'Académie des sciences, vers des experts pharmacologiques, pour que l'Assemblée puisse s'exprimer.

Posté par David75 à 10:20 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]


15 mars 2007

François Bayrou : et si c'était moi !

Dans son édition du 15 mars, Le Nouvel Observateur publie une longue interview du candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou.

Deux critiques fortes vous sont souvent adressées depuis que vous avez franchi la barre des 20% dans les sondages. La première : votre élection signerait le retour de la IVe République. La deuxième, elle «libérerait» les extrêmes, puisque vous déclarez vouloir associer au pouvoir tout l'arc républicain.
- L'UMP et le PS ont le monopole du pouvoir depuis vingt-cinq ans. Ce monopole est menacé par une nouvelle proposition politique. Ils se défendent donc, et rien n'est plus normal. Ma conviction est que la situation de la France est si préoccupante qu'elle exige que pour la période qui vient on puisse faire travailler ensemble au redressement du pays des femmes et des hommes de caractère, venus des grandes sensibilités démocratiques du pays, pour garantir le rassemblement et l'impartialité de l'action. C'est ce qu'ont voulu faire il y a un demi-siècle deux hommes aussi différents que Pierre Mendès France et Charles de Gaulle. Je prétends que la situation du pays est plus grave aujourd'hui qu'elle ne l'était à cette époque. Est-ce que cela favorise les extrêmes ? Il faut avoir de l'estomac pour l'affirmer : dois-je rappeler qu'en 2002 les extrêmes ont recueilli, grâce au système des sortants UMP et PS, presque 40% des voix ?

Comment comptez-vous passer d'une éventuelle victoire à la présidentielle à un gouvernement disposant d'une majorité stable ?
- Dans toutes les circonscriptions, le rassemblement ainsi créé aura des candidats. Ce seront des nouveaux visages, car il y a un immense besoin de changer de génération. J'assumerai ce besoin, ce que le PS et l'UMP ne peuvent pas faire, dans la mesure où ils sont prisonniers de leurs sortants. Il faudra un nouveau courant politique, démocrate, pour former le socle de la majorité nouvelle. Mais ce ne sera pas une majorité fermée. Quiconque voudra participer à ce rassemblement sera le bienvenu. Les portes seront ouvertes. Je vois bien par exemple qu'une sensibilité socialedémocrate a besoin de naître et de se faire entendre. Une sensibilité gaulliste aussi. Et des libéraux sociaux, et des écologistes, comme Corinne Lepage qui s'est déjà exprimée. Ma proposition entraîne, je le crois, une modernisation accélérée de la vie démocratique française. En tout état de cause, j'empêcherai la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule formation. Je veux un Etat impartial, notamment au niveau des nominations. Je refuserai la prise de contrôle par un clan, quel qu'il soit.

Le soir du premier tour de la présidentielle, si vous êtes qualifié pour le second, vous engagerez des négociations.

- Non. Je ne me prêterai à aucune manoeuvre. Je parlerai avec qui voudra, mais je ne changerai pas de ligne. C'est l'esprit de l'élection présidentielle qui permet aux Français, aux électeurs eux-mêmes d'imposer un vrai changement : à l'élection présidentielle, puis aux élections législatives.

Vous défendez l'esprit des institutions. Mais celles-ci ont leur logique mécanique. Soit vous affrontez au second tour Sarkozy, et cela, en cas de victoire, devrait déboucher sur une majorité composée de votre nouveau parti et du PS, soit Ségolène Royal est au second tour et, si vous gagnez, vous devrez gouverner avec l'UMP.
- C'est l'approche traditionnelle. Mais je crois l'UMP et le PS très fissurés en leur sein. Cette élection va entraîner une reconstruction en profondeur du système politique français.

L'UMP et le PS vont-ils éclater ?
- Je ne recherche pas un éclatement. Mais il y aura des remises en question. Ces deux formations devront réfléchir : pourquoi les Français ont-ils envoyé ce message ? Je crois profondément que les sociaux-démocrates vont se révéler à l'occasion de cette élection. Ils en ont ras le bol de la manière dont le PS fonctionne. Ils vont donc déclarer ouvertement qu'ils sont sociaux-démocrates. Et ceux-là ont évidemment leur place dans le rassemblement qui va s'imposer. Je n'ai aucun doute : il y aura des socialistes qui viendront dans la majorité nouvelle.

Dans votre main tendue à la gauche, n'y a-t-il pas une part de tactique ? On a le sentiment qu'après analyse vous avez conclu que le maillon faible du système politique français, c'était le PS. D'où votre tentative de prendre la place de sa candidate au second tour de la présidentielle.
- Je ne m'intéresse pas à la tactique. L'élection présidentielle, ce n'est pas un jeu. C'est une heure de vérité. J'ai fait ces dernières années des choix qui n'avaient rien de facile : par exemple, j'ai voté la censure contre le gouvernement Villepin. A l'époque, personne n'a considéré que c'était une habileté - mais plutôt une imprudence. Aujourd'hui je crois que les deux partis majoritaires sont au bout de leur logique. Ils ne répondent plus aux aspirations du pays. Pendant longtemps on a voulu ignorer cette usure. Mais l'élection présidentielle permet une rénovation en profondeur à laquelle aucun des deux ne pourra échapper.

Précisément les actuels députés UDF n'ont pas tous voté cette motion de censure. Vous prétendez édifier autour d'eux la colonne vertébrale de votre future majorité. Elle risque de ne pas être très vertébrée...
- Quand on se place en position de précurseur, ou de pionnier, on est parfois un peu seul. Cela m'est arrivé et c'est normal.

Que répondez-vous à Dominique Strauss-Kahn, qui vous demande de rompre avec Sarkozy ?
- Qu'il s'émancipe de ce qu'il y a de dépassé dans son camp autant que je me suis émancipé de l'UMP, et on pourra parler... sans difficulté.

Sarkozy est en train de droitiser sa campagne, en particulier sur l'immigration. Vous le croyez prêt à une alliance avec Le Pen ?
- Non. Je pense qu'il adresse des signes appuyés aux électeurs du FN. Mais il y a des choses que l'histoire devrait nous interdire de remettre sur la table, comme de mélanger l'immigration et l'identité nationale. Et tous les républicains devraient considérer que sur ces sujets, pour conjurer les risques, ils doivent faire bloc.

Dans les blogs, on découvre que beaucoup d'enseignants disent : Bayrou, c'est formidable, car il propose une subversion conservatrice. Il va bouleverser le bocal politique, mais pour le reste il ne touchera pas à grand-chose.
- Les enseignants sont nombreux parmi vos lecteurs, et vous passez votre temps à les critiquer. Vous vous situez dans la pensée unique : les profs seraient des conservateurs, des ringards. Moi, je les défends. Les profs sont aussi généreux, aussi révolutionnaires, peut-être plus, que vous. Simplement, ils ne veulent pas qu'on leur parle mal.

Vous avez quand même la réputation d'avoir été un ministre de l'Education conservateur.
- C'est l'angle d'attaque d'une partie de la droite à laquelle se joint « le Nouvel Observateur »... Mais prenez les sondages présidentiels dans le monde éducatif : je suis très bien placé. Vous croyez que c'est uniquement parce que je n'aurais rien fait ? Les profs savent au contraire que j'ai beaucoup fait. Mais je l'ai fait avec eux, pas contre eux. Du primaire à l'université, en passant par la réforme des collèges, les stages en entreprise, le bac actuel, le semestre d'orientation à l'entrée de l'université, tout cela, nous l'avons fait dans le respect réciproque et la coresponsabilité.

Vous gérerez la France comme vous avez géré le ministère de l'Education ?
- Oui, je serai un président réformateur.

La plupart des candidats à l'élection présidentielle, aujourd'hui et hier, ont rêvé très tôt d'être président de la République. Comment est née votre propre vocation présidentielle ?

- Il faut distinguer : ma vocation politique, ou disons une certaine vocation « tribunitienne », la volonté d'être l'avocat des petits contre les pouvoirs - je l'ai eue très, très tôt. Enfant. Il circule par ailleurs une légende, dans mon village du Béarn, selon laquelle j'expliquais vouloir devenir président de la République à l'âge des dents de lait. Je n'y crois pas. En tout cas, je n'en ai aucun souvenir. Ensuite, il y a eu tout un temps où j'ai passionnément eu envie de servir quelqu'un, d'aider un de mes aînés à devenir président.

Vous étiez alors trop jeune pour être candidat...
- Non, ça m'aurait très bien été de simplement « aider ». Par exemple, aussi étrange que cela puisse paraître aujourd'hui en raison de son engagement derrière Sarkozy, j'ai longtemps rêvé que Simone Veil soit la première présidente de la République française.

Vous avez eu une jeunesse humiliée, qui expliquerait la précocité de votre vocation politique ?
- Non, j'ai eu une jeunesse heureuse. Mais très tôt, sans doute à cause de la situation de mes parents, j'ai eu le sentiment d'appartenir à la classe des sans-pouvoir. Très tôt, j'ai eu le sentiment d'une lutte de classe, plus exactement, de l'écrasement d'une classe par une autre. Je l'ai dit dans un livre récent, j'ai eu très tôt le sentiment qu'il y avait un tiers état, dont tout le monde se foutait.

Alors pourquoi ce long compagnonnage avec la droite ?
- Parce qu'il y avait le mur de Berlin. Une grande question s'est posée dans la seconde moitié du xxe siècle : acceptait-on ou refusait-on le totalitarisme soviétique ? Moi, je l'ai refusé, à cause notamment de la lecture de Soljenitsyne. Alors le Printemps de Prague et, plus tard, l'irruption de Solidarnosc, en Pologne, m'ont fasciné. J'ai aimé les leaders de ces épopées. Je le dis souvent à Bronislaw Geremek, avec qui j'ai noué depuis lors un compagnonnage : tu ne peux pas imaginer l'importance que vous, les dissidents, avez eue dans ma vie.

C'est le communisme qui vous a rejeté dans les bras de la droite ?

- Jamais dans les bras. Avec le RPR, j'ai toujours été dans la confrontation. Mais pendant longtemps j'ai subi la loi des alliances électorales. Pour en sortir, il fallait une élection présidentielle. Et il fallait que les temps changent.

Aujourd'hui, vous semblez préférer, si vous vous qualifiez, affronter Sarkozy plutôt que Royal au second tour de la présidentielle. Est-ce que cela veut dire que vous vous sentez désormais plus proche de la gauche que de la droite ?
- Je pense qu'il y a une confrontation nette de projet de société entre Nicolas Sarkozy et moi. Alors qu'il n'y a pas cette confrontation entre Ségolène Royal et moi, ne serait-ce que parce que je ne perçois pas son projet de société. Je me situe clairement du côté de la défense des valeurs républicaines, tout en prenant en compte les impératifs économiques.

En même temps, si vous vous retrouvez face à Ségolène Royal au second tour, vous dealerez avec Sarkozy et l'UMP.

- Vous me permettrez, dans ce cas aussi, de gérer le second tour comme je l'entends. Je n'ai pas du tout l'intention de retomber dans les vieux schémas.

Posté par David75 à 12:39 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 mars 2007

Bayrou prône l'union nationale" et la création d'un "grand parti démocrate"

Imaginons que vous êtes élu le 6 mai. Comment formez-vous votre premier gouvernement ?

Depuis des années, j'ai observé la dégradation de la vie politique française et les signes multiples de l'affaiblissement de notre pays. J'en suis arrivé à la conclusion que son redressement passe par un électrochoc : il faut une union nationale pour donner à tous les Français la certitude qu'on va poser les vraies questions et y apporter des réponses non-partisanes.

 

C'est pourquoi, élu président de la République, investi d'un mandat clair par les Français, je formerai un gouvernement composé de femmes et d'hommes compétents, d'accord sur les grands choix, et représentatifs des grandes sensibilités démocratiques du pays.

Mais le PS et l'UMP ne sont pas prêts à s'engager dans cette démarche.

Mesurez ce que sera la force et l'écho de la décision des Français, dans notre pays et à l'extérieur, s'ils élisent un président porteur de cette idée… Si les appareils refusaient d'entendre ce message, ils seraient rejetés aux élections législatives.

En Allemagne, il y a quelques mois, la CDU et le SPD disaient qu'ils n'accepteraient jamais de gouverner ensemble. Il se trouve que le peuple allemand leur a donné mandat, avec le vote aux législatives, de travailler ensemble. Et ils l'ont fait.

Donc on va aux élections, au scrutin majoritaire, avec des candidats "majorité présidentielle"

Elu président de la République, investi de la confiance des Français et porteur de ce mandat du peuple, je nomme un gouvernement de rassemblement. Ce gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui le soutiendront. La nouvelle majorité présidentielle sera présente dans chaque circonscription du pays. Et les Français la choisiront.

Cela vous amènera-t-il à créer un nouveau parti ?

Oui, je crois que ce sera une nécessité. Pour porter ce nouvel espoir et cette grande responsabilité, l'UDF dans sa forme actuelle ne suffira pas. Il faudra un grand parti démocrate pour la France.

Et vous changez le mode de scrutin ?

Parmi les premiers grands chapitres du redressement, il y a les institutions. Le président de la République assume ses responsabilités, mais le gouvernement ne pratique plus le passage en force. Le 49-3, les ordonnances, n'entrent plus dans le cadre des rapports entre le gouvernement et le Parlement.

On met en place une loi électorale juste : 50 % des sièges au scrutin majoritaire de circonscription, 50 % à la proportionnelle, avec une barre à 5 % des suffrages. On garde ainsi une dynamique majoritaire tout en répondant à l'impératif d'une représentation équilibrée des territoires et des opinions.

Donc le Front national rentre au Parlement ?

Oui, il rentre au Parlement si les électeurs le veulent. Ainsi les confrontations auront lieu à visage découvert. Et l'extrême gauche rentre au Parlement, si les électeurs en décident ainsi. On a besoin d'un Parlement qui représente la France dans sa diversité.

Parmi les chantiers prioritaires, vous mettez l'éducation nationale. Vous voulez discuter avec les syndicats. Mais aurez-vous le courage de réformer ?

Réformer, le mot n'est pas suffisant. Ce qu'il faut, c'est refonder. Je ne partage pas la vision de ceux qui présentent le travail à conduire avec l'éducation nationale comme une mise au pas, avec des coupes claires ou sombres à tous les étages ! Je veux que l'on revienne à l'égalité scolaire, c'est-à-dire à de bonnes conditions d'étude et à l'excellence partout. Y compris dans le collège de banlieue ou dans le monde rural profond.

Je connais les personnels de l'éducation nationale, et il se trouve que je les estime. Je passerai un contrat avec eux. Je garantis les moyens, j'arrête la chasse perpétuelle aux postes, d'ailleurs infructueuse. Avec ces moyens garantis, on va augmenter l'exigence de résultats. On va s'obséder de cette idée qu'il n'y aura plus de collèges de seconde zone, plus de collèges ghettos.

Je me fixe l'objectif que l'école publique soit réhabilitée et que la discipline revienne dans les établissements. Cela veut dire : être capable d'identifier les quinze ou vingt enfants déstabilisés qui déstabilisent la vie scolaire et de leur donner une pédagogie adaptée, avec des éducateurs, avec des psychologues, pour leur permettre de retrouver des repères. En les sortant de l'établissement, mais sous sa responsabilité.

Quand j'ai défini ce concept, en 1995, j'avais appelé cela le collège hors les murs. Malheureusement, l'idée a été abandonnée par mes successeurs.

Où réalisez-vous des économies et comment engagez-vous la réforme de l'Etat ?

Je me fixe l'objectif que, en trois ans, la dette soit stabilisée en valeur absolue. Avec une croissance annuelle de 2 %, les rentrées fiscales, à prélèvements égaux, augmentent d'environ 14 milliards d'euros par an. Je propose d'en affecter automatiquement la moitié, 7 milliards, à la baisse du déficit. Cela fait 21 milliards en trois ans. C'est le montant nécessaire pour stopper la croissance de la dette

Posté par David75 à 09:53 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 mars 2007

« Avec Bayrou, il se passe quelque chose »

 

Interview de Michel Mercier, président du conseil général du Rhône

Lyon capitale : François Bayrou fait une percée dans les sondages. Alors heureux ?
Michel Mercier : Oui, heureux. Je ne pensais pas qu’on arrive aussi vite, aussi haut. Mais le but, c’est de gagner l’élection. Savoir pourquoi on est à 19% et ce qui reste à faire pour être à 50.

Comment expliquez-vous cette percée ?
Depuis 1978 – un paquet d’années – on explique aux Français qu’il y a la moitié de la France contre l’autre. Et ils ont vu l’immobilisme, l’absence de réforme et de progrès et 1200 milliards de dettes. La crédibilité de Bayrou, c’est qu’il a su résister et qu’il a construit un centre qui tient la route.

Bayrou peut-il s’effondrer comme Chevénement en 2002 ?
Non, François Bayrou a une solidité, une vraie résonance dans le peuple. Mais maintenant qu’il est à 19%, je sais que ça va canarder dur. Sereins et lucides, on va résister à la tenaille PS-UMP. On a l’habitude !

Votre stratégie va-t-elle rester la même : taper fort sur Sarkozy pour séduire la gauche ?
C’est vous qui le dites ! Bayrou critique autant à droite qu’à gauche. Dans son discours sur la social-économie, il a beaucoup critiqué le programme de Madame Royal qui est d’ailleurs tout sauf un projet.

Bayrou a promis un premier ministre de gauche.
Ecoutez, Bayrou n’est pas socialiste et il ne va pas le devenir. Mais si on invite les gens de gauche à table, ce n’est pas pour qu’ils fassent la vaisselle dans la souillarde ! On ne veut pas de ralliement à la Sarkozy ou à la Mitterrand. Bayrou veut un vrai rassemblement, dans le respect de l’identité de tous où le gaulliste amène sa sensibilité sur la patrie, le centriste sur l’Europe, le socialiste sur la justice sociale. On additionne.

Dans Face aux Français sur TF1, Ségolène Royal a fait plus d’audience que Nicolas Sarkozy mais elle a moins convaincu. Comment expliquer ce paradoxe ?
Madame Royal a pour elle d’être une somme de points d’interrogation. Il y a une sorte de curiosité : va-t-elle y arriver ou se casser la figure dans l’émission ? C’est le côté jeu du cirque qui a suscité la curiosité du public. Mais, sur le fond, c’était : « oui à tout le monde et je paierai avec la croissance ». Elle n’a donc pas paru très convaincante.

Est-il plus compliqué de mordre sur Sarkozy ?
Il y a très longtemps que nous n’avons pas eu en France un candidat de droite à l’aise dans son programme de droite, c’est très nouveau. Il paraît donc sincère, convaincant, dans cette logique de droite. Mais on peut convaincre sans emporter l’adhésion. C’est ce qui se passe

Si Bayrou est élu, il y aurait formation d’une majorité présidentielle avec députés UMP, PS, UDF. Le retour à la IIIe République ?
On peut toujours trouver dans une idée neuve, une réminiscence historique, c’est très français. Mais l’idée neuve de François Bayrou est une idée de bon sens, c’est pour ça qu’elle peut avoir été utilisée dans le passé. Et ce ne sera pas une histoire de coalitions partisanes politiciennes. Ce sont les Français qui auront décidé par leur choix présidentiel de faire travailler droite, centre et gauche dans une majorité présidentielle.

Qui incarnerait l’opposition ?
Les extrêmes des deux côtés. Je ne parle pas des extrémistes.

Sarkozy et Royal tapent désormais sur Bayrou.
Pour eux, rien n’est plus important que de sauvegarder la coupure de la France en deux. C’est l’assurance d’être au pouvoir ou d’y revenir le coup d’après. Ces attaques conjuguées sont un formidable atout pour Bayrou. Leur affolement est l’aveu qu’il les gêne dans leur jeu à deux.

Pourquoi la gauche est-elle la plus dure ?
C’est la gauche qui a le plus peur. Elle espérait revenir au pouvoir, cette fois, c’était « son tour ». Quand Hollande dit : il ne peut y avoir qu’un 3e homme, c’est Le Pen, c’est scandaleux. C’est l’aveu que la gauche ne peut gagner qu’avec un Front national fort. Mitterrand savait y faire, il y avait le romantisme, la culture, l’histoire et la connaissance profonde de la France. Hollande, ce n’est que l’arithmétique de l’ENA.

Pour reconquérir le terrain, Royal rappelle éléphants et notables. Bonne stratégie ?
Madame Royal a été choisie par les médias parce qu’elle était hors du système. Remettre le système en place, c’est abandonner son originalité et sa fraîcheur.

 

 

Posté par David75 à 10:56 - Interviews - Commentaires [1] - Permalien [#]

26 février 2007

Jean-Marie Cavada : Soutien total à François Bayrou et aux idées qu'il porte !

 

 

Jean-Marie Cavada était l'invité de Christophe Hondelatte ce matin sur RTL. A propos du climat de défection qui régnerait au sein de la formation de François Bayrou, Jean-Marie Cavada ironise : « Je n'ai pas pris de carte à tarif dégressif. Je soutiens non seulement le candidat à l'élection présidentielle, mais également les idées qu'il porte. » Cette campagne que le député européen mène auprès de François Bayrou doit mener vers une rénovation de nos institutions et de la République, qui en a besoin, selon lui.


André Santini est parti de la formation qui l'avait porté au pouvoir. Selon Jean-Marie Cavada, c'est un vote « utile ». Utile pour la suite de sa carrière, non pas pour la France. Il se peut qu'il existe une connivence entre André Santini et Nicolas Sarkozy, probablement une convergence d'intérêts. Mais ceux-ci se limitent au département des Hauts-de-Seine. L'équipe de François Bayrou conçoit la politique à l'échelle nationale.

A savoir si la formation du centre est naturellement de droite, l'ancien président de l'audiovisuel public répond catégoriquement : « Non. Pas du tout. Il se peut que Monsieur Santini ne supporte pas l'élargissement, justement, de notre mouvement vers le centre-gauche. Mais bien plus sûrement, c'est de son avenir personnel qu'il se soucie, moins de celui de notre pays. » Si Jean-Marie Cavada s'est engagé en politique aux côtés de François Bayrou, c'était dans l'idée de former un grand parti du centre à l'identique de ce qui se fit en Allemagne dans les années soixante-dix. Un parti centriste gouvernait alternativement avec la droite du Chancelier Kissinger et la gauche de Willy Brandt. C'est à l'atténuation de la bipolarisation de la vie politique française qu'il est souhaitable de parvenir. Selon Jean-Marie Cavada, l'élection présidentielle est le moment ultime pour atteindre cet objectif de bousculer les lignes. Certes, l'électorat de base de François Bayrou se trouve plutôt à droite de l'échiquier politique. Mais ces frontières s'estompent. Elles ne sont plus aussi figées qu'auparavant. Les enfants de Jacques Delors apportent de l'air frais au débat démocratique. Ceux qu'on appelle les sociaux-démocrates, dont on dit que c'est un gros mot. Jean-Marie Cavada l'accepte avec bonheur.

Cette influence se fait sentir notamment dans le projet économique de François Bayrou. « Il est balancé de manière nordique. » précise-t-il. « La social-économie, telle que nous l'avons présentée aux Français, c'est la libération de l'économie pour produire de la richesse et la restauration de l'Etat pour la répartir. » Jean-Marie Cavada doit normalement se présenter aux prochaines élections législatives. Sans préciser quelle circonscription aura sa faveur, il se dit confiant dans la sagesse des électeurs et ne craint pas de les affronter. Comme à son habitude, il affrontera ce nouveau suffrage minutieusement, avec respect et modestie.

Quant aux commentaires sur la manière de gouverner avec la droite, avec la gauche, ils agacent Jean-Marie Cavada : « C'est un peu du bricolage de IVème République. Le séisme des deux derniers scrutins montre que plus de quatre électeurs sur dix ne vont plus aux urnes. Arrêtons de jouer avec eux.» D'autant, poursuit-il, qu'on observe aisément un mouvement de masse de repolitisation de la population française. Les réunions publiques sont pleines. Les Français reviennent à la politique. C'est le moment de montrer à ce pays qui vit dans le désarroi qu'un seul camp n'est désormais plus capable de mener la bataille. On a vu successivement l'un et l'autre, l'UMP et le PS, creuser l'endettement. Ils se sont soigneusement évité la tâche de régler la question sociale. Les institutions sont en panne. A tel point, démontre Jean-Marie Cavada, que des partis sont dans l'obligation de « faire la manche » pour obtenir les cinq cents parrainages nécessaires à la présentation d'un candidat. Il fait référence notamment au Front national, qui représente de quinze à dix-sept pour cent des votes. Il ne lui exprime aucune sympathie, mais le préfère dans les travées de l'Assemblée nationale et du Sénat plutôt que dans la rue. « La place de tous les partis, quelque idée qu'ils portent, est au Parlement. » martèle-t-il. « Je les combattrai, mais dans l'honneur et aux yeux de tous ! Au coeur d'un vrai débat, confisqué par un mode de scrutin qui ne correspond plus aux attentes de l'électorat. » Le député européen pressent un danger à cette situation, si l'on y remédie pas. Seule la droite ou seule la gauche n'auront pas assez de poids pour implanter ces nouvelles formes de gouvernement et ces nouvelles structures. La France a besoin de rassemblement. C'est d'ailleurs un cas unique en Europe que cette situation, rappelle-t-il.

Jean-Marie Cavada insiste aussi sur le fait que le pays ne peut plus se permettre de s'enfoncer dans l'endettement. Il énonce deux raisons principales : « La première , c'est l'insulte aux générations futures. Nos enfants, nos petits-enfants paieront encore ce que nous sommes en train de gaspiller depuis trente ans.. » Jean-Marie Cavada, en bon historien de nos institutions, rappelle aux auditeurs de RTL que le président du Conseil de la IVème République Guy Mollet envoyait chaque fin de mois son ministre des Finances à Washington chercher de quoi payer les fonctionnaires. Le pays était ruiné. Or, on assiste, selon lui, au même phénomène. Le pays se ruine. « On ne peut pas prétendre restaurer l'équilibre et l'autorité si l'on ne s'attaque pas à ces questions de front. » poursuit-il. François Bayrou défend la constitutionnalisation d'un budget en équilibre. Nous nous y attacherons, une fois arrivés aux affaires : « Pas de budget de fonctionnement -hors les investissements- qui ne soit à l'équilibre, c'est ainsi que nous voyons la solution immédiate à nos maux. »

A propos de l'affaire Duhamel, du nom du célèbre éditorialiste de RTL suspendu pour avoir sussuré à quelque étudiants de l'Institut de sciences politiques de Paris qu'il voterait probablement pour François Bayrou, Jean-Marie Cavada se montre très explicite : à la place des dirigeants des deux maisons, il aurait pris les mêmes décisions. Mais il ajoute que : « nous nageons en pleine hypocrisie. Ce système est insensé. » A ce moment, Christophe Hondelatte, qui fut l'employé de Jean-Marie Cavada à France Inter, ajoute qu'il n'a jamais su les liens qui unissaient son patron à François Bayrou. Jean-Marie Cavada s'en félicite. Il remercie Christophe Hondelatte de le dire ainsi à l'antenne. En précisant que son rôle à ce moment-là était justement de ne pas le montrer.  Il poursuit en prenant l'exemple des grands éditorialistes des journaux américains. Ceux-ci n'hésitent pas à écrire leurs préférences. Quels arguments leur agréent. Quelles mesures ne leur conviennent pas. Or, en France, c'est le règne de l'hypocrisie.  Alain Duhamel, comme bien d'autres, est en droit de s'exprimer. Jean-Marie Cavada conclut : « En tant que son patron, je lui aurais juste fait une remarque, demandé de s'expliquer à l'antenne et ne l'aurais pas sanctionné tant l'on voit de déséquilibre dans cette affaire. »

Posté par David75 à 12:08 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Pendant ce temps, Bayrou grimpe... dans les sondages

"Si je gagne, il y aura dans mon gouvernement des femmes et des hommes compétents, venus de tous les courants du peuple. Parce que nous avons besoin de tout le monde pour redresser la France".

Paris Match : Vous assurez être différent de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy. Mais qu’apportez-vous de plus qu’eux ?
François Bayrou : Pour redresser la France, il faut sortir du combat perpétuel entre la droite et la gauche. Je suis le seul à le dire. La France a besoin d’un gouvernement nouveau, volontaire, qui agisse sans qu’une moitié du pays flingue l’autre moitié. Un gouvernement qui osera dire aux Français : ceci est indispensable et doit être fait, ceci peut attendre.

Quelles sont vos différences idéologiques avec le P.s. et l’U.m.p. ?
Je ne crois pas qu’il y ait de différence idéologique profonde. Regardez comme ils se copient et s’épient. Ma ligne repose sur un équilibre. Aujourd’hui, des millions de Français veulent sortir du Parti socialiste tel qu’il est, de l’U.m.p. tel qu’elle est. Ces millions de citoyens sont républicains, ils en ont par-dessus la tête de ce duo. Ecouter Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal tous les matins leur sort par les yeux. Ils ont besoin d’une alternative autre que ces deux-là et tous leurs soutiens. Cette solution doit être républicaine et tenir compte des différents courants du peuple français. Je suis le candidat de ces millions de citoyens.

On vous entend davantage attaquer Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal. Est-ce parce que, à vos yeux, il représente un plus grand danger ?
J’affronte les deux. Mais Nicolas Sarkozy dans l’exercice du pouvoir, dans sa manière d’utiliser l’Etat et dans sa démarche politique, s’est plus exposé que Ségolène Royal qui, pour l’instant, n’a pas exercé le pouvoir et n’a pas dit grand chose.

Mais si ! Justement, dimanche, la candidate a fait 100 propositions. Qu’en pensez-vous ?
Son discours ressemble à tous ceux prononcés par les politiques depuis bien longtemps : "je veux, je promets". Ségolène Royal propose 100 mesures dont aucune ne ressort vraiment. Son Smic à 1500 euros brut n’est pas autre chose que le Smic revalorisé au niveau de l’inflation pendant les cinq prochaines années. Elle parle d’augmenter les petites retraites de 5%. Mais 5%, ça représente un euro par jour. On ne change pas la vie des gens avec si peu. Nous devons avoir un plan pour amener les petites retraites à 90% du Smic en cinq ans. Une petite retraite, aujourd’hui, c’est 625 euros. Ce que touche ma mère. C’est très peu après une vie de travail.

Pourquoi intituler votre livre, prévu pour le 28 février, "Le projet espoir" ?
Parce que c’est un projet, c’est-à-dire une vision. J’ai voulu lui donner le nom d’espoir parce que c’est ce qui manque le plus à la France aujourd’hui.

Précisez-nous cette vision.
La France peut jouer les premiers rôles dans le monde, gagner les combats sur la mondialisation, à condition qu’elle sauvegarde son projet républicain fondé sur la solidarité et la fraternité.

Qu’avez-vous l’intention de proposer comme mesures immédiates ?
Que l’on donne à toutes les entreprises françaises la possibilité de créer deux emplois sans charges. Je veux sortir 1,5 million de Français de l’exclusion en leur offrant une activité au service de la société. Je veux que l’on donne la priorité à l’éducation et je garantis les moyens du système éducatif. En contrepartie, je m’engage à des résultats vérifiables : par exemple, plus aucun enfant ne devra entrer en 6 e s’il ne sait pas lire.

Sur l’éducation, justement, pourquoi ne pas avoir mis en œuvre ces réformes lorsque vous en étiez le ministre ?
J’en ai lancé beaucoup, mais depuis, cinq ministres se sont succédé et ils les ont peu à peu abandonnées. Lorsque j’étais ministre de l’Education nationale, l’indice de satisfaction des parents à l’égard de l’école était au plus haut qui ait jamais été enregistré. C’était il y a bientôt quinze ans. Depuis, les temps ont changé, les problèmes se sont aggravés.

Quelle serait votre France dans le monde pour les quinze prochaines années ?
La France est le seul pays de la planète ayant un projet de société qui résiste au modèle financier dominant. C’est un besoin pour les Français et pour le monde. Il faut garder ça. Il faut que l’on se rassemble autour de ce modèle et que l’on rassemble d’autres pays autour de ce modèle. Nous sommes et nous serons une puissance de référence dans le monde à condition que l’Europe existe, autrement nous serons balayés.

Pour atteindre ces objectifs, vous prônez le rassemblement. Or, déjà Valéry Giscard d’Estaing espérait réunir deux Français sur trois, Raymond Barre rêvait, lui, d’un grand centre… Pourquoi serait-il possible aujourd’hui ?
Parce que le mur de Berlin a disparu et que tout le monde voit maintenant les échecs successifs des deux camps. C’est fascinant de constater qu’il n’y a même plus de différences idéologiques entre eux. Le changement que les Français attendent, doit renvoyer vers le passé ces deux approches caricaturales. Aujourd’hui les citoyens savent qu’aucune alternance entre l’U.m.p. et le P.s. ne leur a permis de sortir de la crise. Au contraire.

Comment l’U.d.f. pourrait-elle passer d’une petite trentaine de députés à une majorité à l’Assemblée ?
Les candidats soutenus par la majorité nouvelle le seront sous une nouvelle étiquette parce que, derrière cette élection, je bâtirai un parti nouveau. Il présentera aux Français des femmes et des hommes nouveaux parce que l’on n’en peut plus d’avoir toujours les mêmes. L’exigence de renouvellement est aussi importante que l’exigence de rassemblement.

Est-ce que cela signifie qu’en cas de victoire, vous intégrerez ces personnalités au sein de votre nouveau parti ?
Nous avons besoin d’un parti pivot. Nous l’aurons. Mais chacun pourra rester ce qu’il est parce que je ne veux pas d’un parti qui domine tout.

Dans le rassemblement que vous prônez, ne parlez-vous pas aussi de gouverner avec des personnalités du P.s. et de l’U.m.p. ?
Si je gagne, il y aura dans mon gouvernement des femmes et des hommes compétents qui représenteront les courants principaux du peuple français : des femmes et des hommes du centre, des gaullistes, des socialistes républicains, même des membres de l’U.m.p. que je trouve sérieux. Parce que nous avons besoin de tout le monde pour redresser la France, en tous cas pour les cinq ans à venir. Après, si les choses vont mieux, peut-être qu’ils retrouveront les vielles habitudes ! Mais je suis persuadé du contraire.

Vous croyez vraiment possible de réunir dans un même gouvernement Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ?
Peut-être pas ces deux-là ! Mais il y a des tas de personnes bien autour d’eux qui méritent de se voir confier des responsabilités. Je sais bien, pour l’avoir expérimenté mille fois, que l’on peut faire travailler ensemble Jean-Louis Borloo, Bernard Kouchner…                                  

Comment analysez-vous le ralliement à Nicolas Sarkozy de quelques uns de vos députés U.d.f.?
Ce sont trois ou quatre personnes sur les soixante-quinze parlementaires de mon groupe.. Mais ceci n’a aucune importance. Nicolas Sarkozy se trompe en croyant que les débauchages vont le servir. C’est exactement cette politique que je rejette. Les débauchages font honte à la politique.

Que répondez-vous à "l’ouverture" que préconise Nicolas Sarkozy ?
L’ouverture, quand on veut tous les pouvoir pour soi, c’est juste un alibi.

Pourquoi refusez-vous de vous prononcer pour le candidat que vous soutiendrez si vous n’êtes pas au second tour ?
Parce que je serai au second tour.

N’avez-vous pas peur de pâtir d’un vote utile pour éviter un Le Pen au second tour ou d’un vote réflexe pour le P.s. ou l’U.m.p. ?
Je n’ai peur de rien. Si j’avais peur, je ne me serais pas présenté.

Vous pronostiquez un second tour entre Bayrou et Royal ou entre Bayrou et Sarkozy ?
Je prendrai ce que le Français décideront. Mais je sais qu’ils voudront ce changement.

Irez-vous à l’émission de TF1, "J’ai une question à vous poser" ?
J’ai besoin d’avoir des assurances sur la manière dont ça se prépare.

Pourquoi ?
Parce qu’il y a eu de nombreux bruits sur la manière dont a été préparée la première émission avec Nicolas Sarkozy. Je veux y voir clair.

Faites-vous notamment allusion au fait que Nicolas Sarkzoy aurait été informé au préalable des questions ?
Par exemple.

Pourquoi attaquez-vous autant les médias, alors que vous êtes aujourd’hui reçu partout ?
Parce que les Français sont inquiets d’être manipulés par eux. Reconstruire la République, c’est aussi reconstruire la confiance dans les médias. Aujourd’hui les inquiétudes sont plus fortes, parce qu’il y a de très grands intérêts économiques et financiers qui se mélangent avec les décisions de l’Etat. Ce n’est pas sain et je l’interdirai.

Depuis 2002 on vous sent plus apaisé, plus serein. Avez-vous changé ?
J’ai mûri. Changé je ne crois pas. J’ai toujours eu les mêmes lignes de fond. Mais j’ai passé cinq années à rencontrer les Français tous les jours, à réfléchir au destin du pays, à m’opposer à ce qui était inacceptable et l’on n’est pas pareil au bout de cinq ans de cette traversée de la France. Je pense que les Français ont besoin d’un Président qui soit le même dans sa vie d’homme et dans sa vie publique.

Comment êtes-vous dans votre vie d’homme ?
Je suis le même homme. C’est-à-dire serein, calme, aimant, connaissant son pays, sa culture, sa langue, et plein de compréhension y compris pour ceux qui ne pensent pas comme moi.


Propos recueillis par Caroline Fontaine

Paris Match

Posté par David75 à 12:12 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 février 2007

Marielle de Sarnez à l'émission iMatin week-end sur iTélévision

François Bayrou est plus républicain que les autres candidats - 09.02.07

Marielle de Sarnez sent qu’une vague est en train de monter autour de la candidature de François Bayrou : les Français sont de plus en plus conscients qu’on ne peut pas avancer si on n’est pas rassemblé. Selon elle, François Bayrou est également plus républicain que les autres candidats : il défend l’égalité des chances et la loi du plus juste contre la loi du plus fort.

Marielle de Sarnez a jugé les bons sondages encourageants : "ce que François Bayrou dit, propose, recueille chaque jour l’assentiment d’un plus grand nombre de gens". Sa directrice de sa campagne a estimé que les Français ont de plus en plus conscience qu’on peut changer la manière de faire de la politique et qu’il faut cesser d’opposer les uns contre les autres car ce n’est pas comme cela qu’on peut avancer. Marielle de Sarnez a pris l’exemple d’une entreprise de dix personnes où une moitié irait dans un sens et l’autre moitié, dans l’autre. Cette entreprise ne pourrait pas progresser. "Le moment est venu de rassembler les Françaises et les Français de bords différents, de les faire travailler ensemble pour retrouver l’efficacité au service de l’intérêt général" a déclaré la directrice de campagne de François Bayrou, "je crois que c’est cela que le Français soutiennent dans la démarche de François Bayrou".

 

S’agissant du programme du candidat, Marielle de Sarnez a estimé que François Bayrou et son équipe sont "parfois plus républicains que certains" autres candidats y compris à gauche. Ils défendent notamment l’égalité de chances : François Bayrou est opposé à la suppression de la carte scolaire car cela conduirait à une ghettoïsation encore plus grande de la France. Il propose au contraire de remettre l’excellence dans les collèges et les lycées. De même, François Bayrou rejette "la loi du plus fort" que certains candidats veulent imposer et prône "la loi du plus juste" : s’il est élu, il mettra en place un grand plan de lutte contre l’exclusion. Il s’agira d’offrir aux allocataires des minima sociaux, une activité rémunérée au service de l’Etat ou de la collectivité afin de "leur remettre le pied à l’étrier". Enfin, Marielle de Sarnez a expliqué que François Bayrou voulait réimplanter l’Etat là où ça va mal : les services de police mais aussi les services publics dans les 800 quartiers en difficulté et les zones rurales où l’Etat n’est plus là. Sur le plan économique, Marielle de Sarnez a rappelé que François Bayrou veut offrir la possibilité à chaque entreprise de créer deux emplois sans charges sociales. Il souhaite également faire de la France, un pays pro-entreprise : son objectif est de simplifier et de faciliter la vie des petites entreprises.

 

Marielle de Sarnez a également été interrogée sur l’émission de TF1, "J’ai une question à vous poser" diffusée le 5 février dernier : Elle a expliqué que François Bayrou s’était étonné de lire dans la presse que cette émission est produite par une personne qui a des accointances avec l’UMP. Elle a également lu dans les médias, les témoignages des Français qui ont participé à l’émission et qui ont raconté que Nicolas Sarkozy avait passé une demi-heure avec eux : ils disent avoir eu le sentiment d’avoir été manipulés… Marielle de Sarnez n’a pas remis en cause le concept de l’émission : l’idée que des Français posent des questions aux candidats est, selon elle, bonne mais à condition que les cartes soient sur la table. Ainsi, elle a souhaité que la transparence absolue soit garantie avant d’annoncer si François Bayrou participera comme prévu à l’émission le 26 février prochain.

Posté par David75 à 01:24 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 février 2007

François Bayrou : Je ne suis pas dépensier

      

L'Express - 8 février 2007

 

Economie, social... Le président de l'UDF se présente comme celui qui «refuse les promesses démagogiques». Il explique à L'Express comment il entend réformer. Et rassembler

 

Les élections présidentielles récentes ont montré un décalage entre la conquête du pouvoir et son exercice. Comment vous prémunissez-vous contre ce danger ?
- Vous voulez dire que les dirigeants, une fois élus, n'ont pas tenu leurs promesses… C'est un risque que je ne courrai pas: je refuse les promesses démagogiques. Et je suis pour la cohérence de la pensée et de l'action. Aucun des engagements que je prends, aucune des orientations que je choisis n'est accidentel. Deux logiques président à tous mes choix: nous devons réformer notre démocratie malade; nous devons garder un modèle républicain dans la mondialisation. Pour cela, il faut dire la vérité, par exemple sur la dette et le déficit.

Pourquoi seriez-vous plus crédible que les autres, alors que vous laissez entendre qu'en changeant le système on va tout changer ?
- Ce que je dis depuis longtemps apparaissait comme utopique. Mais nous avons désormais sous les yeux l'exemple de l'Allemagne, où les électeurs ont obligé les deux camps à sortir de leur affrontement stérile. Pour accepter des réformes, les peuples ont besoin qu'on leur garantisse qu'elles sont non pas partisanes mais équitables.

Jusqu'où résisterez-vous à la tentation de la dépense ?
- Je refuse les promesses démagogiques. Je ne suis pas dépensier et je suis entouré de gens dont la marque de fabrique est la rigueur. Quand j'annoncerai des dépenses, ces dépenses seront maîtrisées et des économies seront faites en contrepartie. Dans les banlieues, par exemple, la question n'est pas de dépenser toujours plus sans contrôle, elle est de retrouver l'Etat dans les quartiers, qu'il s'agisse de sécurité ou de services publics. Aujourd'hui, l'Etat est totalement absent de la France qui va mal. Mais il est hyperprésent dans la France qui va bien. Je propose d'inverser ce processus.

Vous citez deux qualités qui vous rendraient susceptible de mieux présider que les autres. «Je ne me résigne jamais», dites-vous. Avez-vous le monopole de la volonté ?

- Non, bien sûr. Mais, pour une certaine idée de la République, j'ai refusé les honneurs, le pouvoir d'apparat, les ministères. J'ai accepté les difficultés de la traversée du désert, avec une poignée d'élus solides, pour défendre une idée juste. Cela, je crois, m'a rapproché des gens et a débarrassé mon regard des impatiences et de la condescendance du pouvoir.

"Je sais mieux rassembler", dites-vous. Beaucoup, y compris à l'UDF, regrettent votre esprit clanique. Pourquoi sauriez-vous mieux rassembler que les autres ?
- Rassembler, c'est mon choix, mon goût et ma nature. Et c'est nécessaire quand il s'agit de sortir un pays des grandes crises. Je suis un rassembleur par nature, et pour une raison qui me différencie de mes concurrents: je ne souhaite pas avoir tous les pouvoirs, ni pour moi-même ni pour mes proches. Eux, au contraire, veulent saisir tout le pouvoir pour eux-mêmes et pour leurs amis - et en exclure ceux qui ne pensent pas comme eux. PS ou UMP, cela fait vingt-cinq ans qu'ils disent, à l'image de Nicolas Sarkozy: «Qui n'est pas avec moi est contre moi!» Je veux travailler avec des gens compétents, même s'ils n'appartiennent pas à mon parti. C'est plus fructueux.

Pour vous croire, faut-il regarder ce que vous avez fait comme ministre de l'Education nationale ?
- Oui, bien sûr. J'ai travaillé comme ministre de l'Education avec bien des responsables, enseignants ou parents d'élèves, qui n'étaient pas politiquement de mon bord. Et ce fut une époque heureuse pour l'Education nationale. Encore aujourd'hui, presque quinze ans après, je revendique le respect des partenaires sociaux, la volonté de ne jamais les humilier, la capacité de faire partager l'inspiration des réformes. Et il y en eut ! Celle sur l'université a été approuvée alors de la droite à la gauche. Ce n'était pas de la cogestion, comme on a dit, c'était l'exercice d'une coresponsabilité.

En matière sociale, quels principes vous guident ?
- J'ai deux lignes directrices. D'abord, à chacun sa chance, et même sa seconde chance. Je ne veux pas de la société des castes et des diplômes acquis avant d'avoir 20 ans et qui vous protègent pour toute la vie. Ensuite, nous ne laisserons tomber personne. Chacun peut connaître une période sans emploi, mais ce chômage ne doit pas être une inactivité. En revanche, il ne doit pas y avoir de minimum social sans forte incitation à une contrepartie d'engagement au service de la société. J'organiserai la démocratie sociale en obligeant à la négociation des partenaires sociaux avant le vote de la loi, et en réhabilitant le Conseil économique et social. L'Etat ne sera ainsi plus le seul décideur: il aura face à lui une société civile légitime.

Votre démarche ne semble pas convaincre les catégories sociales les plus modestes…
- Le vote populaire me rejoindra, parce que je suis issu du peuple. Parmi les principaux candidats, je suis le seul qui ait, dans sa vie, travaillé de ses mains. Les gens sentent qui vous êtes. Je suis respectueux de ce qu'ils sont. Je ne cherche pas des boucs émissaires, ni les immigrés, ni ceux qu'on accuse de ne pas se lever le matin. Je sais que beaucoup d'entre eux aimeraient se lever le matin, travailler comme les autres et avoir une situation reconnue. Je ne prends pas les chômeurs pour des fainéants.

Concrètement, que proposez-vous en matière d'emploi ?
- Que toute entreprise puisse créer deux emplois sans charges sociales (sauf 10% au titre de la retraite). Aujourd'hui, il y a un gisement considérable, puisque 98% des entreprises emploient moins de 10 personnes. L'autre mesure, c'est la hausse de la rémunération des heures supplémentaires au-delà des 35 heures: actuellement, ces heures sont injustement sous-payées dans les entreprises de moins de 20 salariés (la prime n'est que de 10%, contre 25% dans celles de plus de 20 salariés). Je trouve cette différence injuste, la rémunération insuffisante, et je proposerai aux partenaires sociaux un pas en avant: 35% de prime pour toute heure supplémentaire quelle que soit la taille de l'entreprise. Mais sans que cela lui coûte. J'allégerai donc les charges sociales de ces heures sup' du montant de la prime: elles reviendront ainsi, pour l'entreprise, au même prix que l'heure normale. Si le nombre d'heures supplémentaires augmente de 35%, le système s'autofinancera. L'économie, ce n'est pas de la mécanique, c'est de la dynamique, comme une campagne électorale: quand ça se met à marcher, ça marche encore plus vite qu'on ne l'espérait.

Faut-il alléger la législation du travail ?
- Le contrat de travail normal devrait être le CDI. Avec un cadre d'ordre public édicté par la loi, et le reste décidé par les partenaires sociaux. En tout cas, je ne prendrai pas le CNE comme modèle, parce que pouvoir licencier pendant deux ans sans explication est très choquant. En revanche, il faut apporter une réponse aux craintes des employeurs de petites entreprises qui se sentent désavantagés devant les prud'hommes. Les grandes, elles, ont des DRH et peuvent recourir à des avocats. J'aborderai cette question avec les syndicats.

Que ferez-vous du CNE ?
- Respectons la loi, qui prévoit une évaluation au bout de deux ans.

Vous affirmez souvent que le financement de la protection sociale pénalise trop l'emploi. Allez-vous le réformer ?
- La création des deux emplois sans charges est une réponse immédiate et un test grandeur nature pour traiter cette grande question. Je sais bien que les charges sociales devront être acquittées de toute façon, mais est-il normal d'imposer plus de charges à ceux qui créent de l'emploi qu'à ceux qui en suppriment? Je pense que les sociétés de l'avenir trouveront d'autres bases que le travail pour assumer le coût de la santé.

La TVA sociale, par exemple ?
- Beaucoup de mes amis, en particulier Jean Arthuis, y sont très favorables. Mais c'est un basculement très important. Je suggère qu'on observe ce que cela donne en Allemagne, puisque le gouvernement d'Angela Merkel vient de décider d'augmenter de 3 points la TVA, dont 1 point pour alléger les charges.

TVA sociale, CSG: faut-il, comme en Allemagne, augmenter aussi ces impôts pour réduire les déficits ?
- Je ne crois pas que l'on puisse augmenter les impôts dans un pays qui est déjà le recordman du monde des prélèvements obligatoires. Je ne crois pas non plus qu'on puisse les baisser massivement avec le déficit qui est le nôtre. Il faut stabiliser les prélèvements et travailler sur le seul sujet qui compte: comment mieux dépenser et alléger notre dépense publique?

Propos recueillis par Corinne Lhaïk et Eric Mandonnet

Posté par David75 à 16:42 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 janvier 2007

« François Bayrou incarne vraiment un autre choix »

Paris Normandie - 29.01.07 - Interview d'Hervé Morin

Chaque lundi, nous vous proposons un rendez vous avec une personnalité politique régionale. Aujourd’hui, Hervé Morin. Vice-président de l’UDF, il s’explique sur « l’autre choix » qu’incarne François Bayrou à la présidentielle. Le député de l’Eure revient sur les promesses de Nicolas Sarkozy, les déclarations de Ségolène Royal et sur ses collègues de l’UDF, tentés par l’UMP.

Votre candidat, François Bayrou est maintenant en troisième position dans les sondages. Est-ce pour vous encourageant ?
Hervé Morin: "Nous sommes dans la position qui consiste à proposer à nos compatriotes un autre choix que celui de l’UMP ou du PS, le modèle que connaissent les Français depuis 26 ans. Nous ne concourrons pas pour la troisième place mais pour gagner en partant d’une idée simple: notre pays dispose d’atouts formidables mais connaît de gigantesques difficultés avec un chômage massif depuis 25 ans, un endettement comme jamais nous n’en avons connu, des banlieues où il n’a été apporté aucune réponse, des universités dans un état lamentable et le tout avec un niveau de prélèvements obligatoires extrêmement élevés. C’est à cela que nous entendons répondre".

Par quels moyens ?
H.M.: "L’heure est grave mais notre pays a tous les moyens pour s’en sortir si les Français en finissent avec la guerre de tranchées où le camp qui est dans l’opposition ne cherche qu’une seule chose: empêcher l’autre d ’agir et critiquer systématiquement. L’alternative est de rassembler des hommes et des femmes qui ont la même conception de la société: c’est-à-dire une économie de marché mais avec des solidarités. On en trouve aujourd’hui autant à gauche qu’à droite et c’est l’idée que défend François Bayrou, le mandat qu’il estimera avoir du peuple français s’il est élu. A chaque fois que la France a été à la croisée des chemins, c’est ce qui a été fait.
En 1958, le général De Gaulle avait dans son gouvernement Guy Mollet qui a participé à la rédaction de la Ve République et pour prendre un exemple plus normand, Pierre Mendès-France devenant président du Conseil pour régler la question de l’Indochine voyait dans son gouvernement cohabiter des hommes de valeur comme André Bettencourt, le général Koenig et Jacques Chaban-Delmas. François Bayrou incarne un autre choix que l’option classique, binaire et sans avenir ".

François Bayrou accuse Nicolas Sarkozy de raconter des histoires sur la baisse des prélèvements obligatoires. Expliquez-vous ?
H.M.: "Nous avons un déficit budgétaire entre 40 et 50 milliards d’euros. Nicolas Sarkozy a déjà annoncé près de 70 milliards d’euros de dépenses nouvelles selon les estimations des économistes et il promet une baisse de prélèvements obligatoires de 70 milliards d’euros tout en réduisant le déficit de moitié. Ce qui veut dire la bagatelle de 180 milliards d’euros de promesses. On est reparti pour la gloire des campagnes de Jacques Chirac où l’on promettait tout avant l’élection pour ne rien faire après. Que proposons nous ? Pas de baisse ni de hausse des prélèvements obligatoires tant qu’on n’aura pas réduit le déficit. Toute baisse d’impôts doit être accompagnée d’une baisse de la dépense publique, sinon ces baisses sont faites à crédit que nos enfants paieront".

Que vous inspirent les dernières déclarations de Mme Royal en matière de politique étrangère ?
H.M.: "Pour prendre une expression que les Normands du littoral comprendront bien, ce sont des bourdes l’une après l’autre qui finissent par ronger la falaise avant qu’elle ne s’effondre dans la mer. S’agissant du Québec, c’est comme si Romano Prodi, président du Conseil italien, nous donnait des leçons en souhaitant l’indépendance de la Corse. Le Canada est un pays démocratique. Laissons nos amis québécois régler cette question. Le plus gênant, c’est que cette sortie sur l’indépendance du Québec vient après celle de la Chine, où lors de son voyage, Ségolène Royal a trouvé le moyen de nous dire que sur certains points, la justice chinoise pouvait servir d’exemple. Je laisse aux Français le soin d’apprécier".

Plusieurs élus UDF s’interrogent sur leur soutien à François Bayrou et sont tentés par l’UMP. Qu’en pensez-vous ?
H.M.: "C’est à la marge. Jamais je n’ai vu les députés et les sénateurs UDF aussi motivés et confiants dans la démarche de François Bayrou. Qu’il y ait deux ou trois faiblesses alors qu’on s’approche des législatives est dans l’ordre d’une une certaine tradition politique... qui est celle de se prêter à tout pour conserver son siège".

Propos recueillis par Christophe Preteux

Posté par David75 à 19:37 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 janvier 2007

Maurice Leroy sur Sud Radio

« François Bayrou est le seul candidat rebelle et  républicain »

Maurice Leroy a estimé que les quelques défections de parlementaires UDF étaient « une opération de déstabilisation » : « dans ce pays, quand vous êtes libre et indépendant des deux formations, et des forces et des puissances d’argent, cela gêne un certain nombre de tenants du pouvoir ».

Le député du Loir-et-Cher a expliqué que cette opération n’impressionne pas François Bayrou, pas plus que l’UDF ou l’opinion. Maurice Leroy a fait remarquer qu’il y a au moins une chose dont les Français sont propriétaires, même les plus démunis, c’est leur droit de vote. Il est convaincu que les électeurs en ont assez de la stéréo Ségo-Sarko et qu’ils ne se laisseront pas déstabiliser par des petites et basses manoeuvres. Maurice Leroy a d’ailleurs constaté que sur le terrain, personne ne s’intéresse à ces histoires, les gens parlent de leur vie quotidienne. Pour le député, l’UMP et le PS veulent le monopole du pouvoir alors qu’ils ne représentaient que 35% des suffrages exprimés aux dernières élections de 2002. Maurice Leroy est convaincu qu’on ne peut pas faire de réformes si on n’est pas soutenu par une base politique large. C’est pourquoi François Bayrou travaillera avec des personnes de sensibilités différentes s’il est élu : « il y a des intelligences à droite et à gauche, utilisons-les » a insisté le député. Maurice Leroy a fait remarquer que c’est ce que font les Allemands. La différence avec la France, c’est le mode de scrutin : nous avons selon lui, « une Assemblée nationale virtuelle » où des formations comme le Front national n’ont aucun siège et les Verts, seulement trois députés. Ainsi, Maurice Leroy a expliqué que faute de scrutin à la proportionnelle, seule l’élection présidentielle permet au peuple de changer le paysage politique en votant par exemple pour « le seul candidat rebelle et républicain ».

Posté par David75 à 10:21 - Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »